Un groupe étudiant de première année du Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (Cesti) ont réalisé leur premier reportage en télé dans le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar sur l’insalubrité au campus social.
Le professeur de Télé M. Pape Atou Diaw a demandé aux étudiants de première année du Cesti de constituer des groupes de quatre ou six au maximum afin de réaliser un reportage sur un sujet au choix. C’est ainsi, que le groupe de Daouda Sow, Mouboulou Charlène, Awa Cheikh Faye et Bassabame Sandra s’est penché sur l’insalubrité au campus social.
L’UCAD est composée d’un campus pédagogique constitué d’un amphithéâtre, des salles de cours et des salles de TD (Travaux pratiques) ; et d’un campus social dans lequel les étudiants logent. Il se situe juste après la grande porte de l’UCAD. Composé de dix-sept Pavillons (A-Q). Ses bâtiments sont construits de façon désordonnée de telle sorte qu’on a du mal à se retrouver. La majorité des bâtiments dispose de trois étages et du rez-de-chaussée.
Il est 12h passées, le soleil frappe sur les têtes. L’envie d’être les premiers à réaliser le reportage ne laisse pas le temps au groupe de grignoter quelque chose. Muni d’une caméra numérique, d’un micro dynamique et d’un casque les reporters se dirigent vers la grande porte pour filmer le logo de l’Université et aussi, marquer le lieu du reportage. Les véhicules et les camions roulent lentement à cause des travaux de réaménagement des routes. La présence des caméras et micros attirent la curiosité des passagers à bord des véhicules qui sortent leur tête. Face à cette situation les apprentis- reporters haussent les épaules. A ce moment précis, l’habit fait le moine ! Les reporters ont filmé tout en évitant l’apparition des véhicules dans les images.
Après les images du logo, le groupe s’est dirigé vers les pavillons H ; I ; et Q pour des images panoramiques des habits qui pendent le long des 3 bâtiments : du rez-de-chaussée au troisième étage. (Du bas vers le haut) Au pavillon H quatre garçons se tiennent à la fenêtre. Ils sifflent au passage des reporters, et n’hésitent pas à traiter Mouboulou de « gnèkhou nènn » ce qui signifie ‘’blanc d’œuf’’. Puis avec un air moqueur il apprécient la position d’Awa Cheikh qui, est courbée afin de bien filmer. De tout ça le groupe ne dit rien et se concentre sur son travail qui ne demande que quelques minutes. Pour avoir les images d’une autre nature comme les cheveux, qui contribuent aussi à l’insalubrité le groupe s’est rendu derrière le pavillon J. Tenant son appareil photo dans la main, Awa Cheikh s’est mise à filmer les cheveux qui trainaient. A la vue des caméras, les étudiants coiffeurs se sont énervés. Les secondes qui suivent, les injures s’échappent des bouches des deux côtés. L’envie d’en venir aux mains se fait sentir. Awa ne se laisse pas faire. Elle écarquille les yeux et hausse le ton encore plus fort que les garçons. Mouboulou qui se débrouille un peu en wolof l’aide à insulter les coiffeurs. Daouda le seul homme du groupe se met à calmer les filles et se voit dans l’obligation de tirer Awa par la main pour quitter les lieux afin de protéger le matériel universitaire à notre disposition. Bassabame qui ne comprend que quelques mots en wolof s’enquiert de la situation, essoufflée Awa lui répond « il s’est mis à m’insulter le premier en wolof parce que j’ai filmé, pourtant je n’ai pris personne ». Cette altercation a provoqué un attroupement. Les laveuses de linge, les étudiants des environs ont envahi les protagonistes. Les reporters viennent de donner un spectacle gratuit !