mardi 7 février 2012

Présidentielle 2012: La candidature de Wade fait toujours débat



La campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 26 février a démarré officiellement ce dimanche 05 février à minuit. Les commentaires varient d’un individu à un autre. Mais sur le refus de la candidature de Wade, les avis sont unanimes.
Si l’élection présidentielle de 2000 n’a connue aucune tension significative, celle du 26 février prochain s’annonce chaude. En citoyen averti, Oumar gardien de nuit s’en remet à Dieu afin que la paix règne toujours au pays de la Téranga : « mon seul souhait en cette période est que le Sénégal conserve cette paix qui nous est si chère. Je ne m’intéresse pas trop à la politique, mais à la manière dont évoluent les choses, ce serait une bonne chose que le vieux retire sa candidature. Et j’espère que les guides religieux, à l’occasion de ce Gamou, prieront pour le pays ». D’autres jusque là n’ont pas encore de candidat officiel. C’est le cas d’Amadou, cordonnier à Sham : « Je n’ai pas de candidat favori. Toutefois, s’il m’arrivait de battre campagne alors je choisirai Macky Sall. Il est éloquent et à beaucoup d’ambitions pour ce pays ». A la question de savoir si le président Wade doit rendre le tablier, il répond : « Wade doit partir. Son temps est révolu. Il est l’heure pour lui de céder le pouvoir à un autre ».
Si beaucoup pensent qu’il y aura des troubles lors de l’élection, Mecheal Fodjé étudiant en 2ème année de médecine n’est pas de cet avis. « Le pays sera stable. Je crois plutôt que les politiques s’écouteront et chercheront à se comprendre pour, ensemble, travailler pour le développement du pays », affirme t-il. D’autres encore sont catégoriques sur le départ de Wade. C’est le cas de Ndèye Ndiaye vendeuse en pharmacie : « Je n’ai pas de candidat. Je veux que Wade parte. Il a causé trop de problèmes aux populations. L’eau et l’électricité sont devenues inaccessibles. Je ne crois pas qu’il y aura la guerre au Sénégal. Je veux que les chefs religieux fassent des prières pour le Sénégal ». M. Cheikh Sow, agent municipal renchérit : « pour éviter des tensions, le vieux doit retirer sa candidature. C’est vrai qu’il a travaillé pour le pays mais il a fait beaucoup de dérapages qui justifient son départ. Nous demandions qu’il réduise le prix des denrées de première nécessité, il ne l’a pas fait. Il ne faudrait pas qu’il force les choses. Il y a des gens prêts et disponibles pour gérer le pays. Si Wade ne veut pas enflammer le pays, qu’il parte ».
S’agissant de la situation actuelle du pays Abdoulaye Ndour, étudiant en licence 2 à la Faculté de Droit de l’UCAD ne passe pas par deux chemins pour désigner le responsable : « C’est Wade qui est responsable des violences qui sévissent dans le pays. Son âge est très avancé et la constitution de notre pays qui nous est si chère lui interdit de se représenter ». A la question de savoir qui pourrait remplacer Wade valablement, il répond : « Macky Sall ou Idrissa Seck sont capables d’amener le Sénégal vers l’émergence ».

Le M23 et les membres de l'opposition appelent au retrait de la candidature de Wade

A l'occasion de la campagne électorale, le M23 et ses alliés de l'opposition ont tenu un meeting hier à la place de l'obélisque. C'est devant leurs militants et les journalistes que les candidats ont véhiculé leurs différents messages.

Le Mouvement du 23 juin 2011 (M23) multiplie ses sorties et compte bien "stopper" le candidat Wade durant cette campagne. Hier à la place de l'obélisque, pour l'ouverture de la campagne, on pouvait voir sur la banderole qui couvrait le podium" Pas d'élection présidentielle avec Wade." Le M23 est soutenu par les 13 candidats de l'opposition dans son combat contre la candidature de Wade. Toutefois, sur les 13 oppasants, 9 ont répondu favorablement au rassemblement du M23. Accompagné de ses partisans, c'est le président Tanor Ndieng qui a pris la parole, en premier, en invitant la jeunesse à continuer le combat en mémoire de ceux qui sont morts pour la constitution. Rappelant à la masse présente les enjeux de ce combat:"c'est le  destin du pays qui est en jeu. Wade doit partir, car la constitution demande 2 mandats et il a fait ses 2 mandats."

Pour sa part, le président Gadio Tidiane a souligné à la foule la responsablité qui incombe à chaque citoyen face à la mort de l'étudiant Mamadou Diop"j'interviens pour la mémoire de l'étudiant. Chacun d'entre nous est là pour barrer la route au coup d'Etat constitutionnel. Nous allons régler l'équation Abdoulaye Wade". Le président Macky Sall, quant à lui, a fixé son combat sur le respect de la constitution et, comme ses prédécesseurs,  il a appelé la population à mener ce combat partout au Sénégal.

En dehors des leaders dont les candidatures ont été acceptées par le Conseil constitutionnel, nous avons également noté la présence de  Youssou Ndour, l'homme de Fekkee maci boole" j'y suis, moi aussi je m'y mêle". Le candidat du peuple, comme il le dit, a résumé la défaite des Lions à la CAN en quelques mots"on a une équipe de football méconnaissable, parce que le pays est méconnaissable. on incarne la majorité de la population oubliée". Le secretaire général du M23 après les différentes interventions des candidats a donné rendez-vous à la population le 07 Février à 10h  pour une marche qui prendra fin devant le siège du Ministère de l'intérieur.

En tout cas le M23 ne compte pas dormir durant cette campagne. D'où leur présence à Rufisque aujourd'hui le 06 Février.