Le marché Castors offre à ses différents visiteurs des produits répondant à tout type de besoins et cela dans une ambiance variée.
A peine arrivé au carrefour du Marché Castors, que les visiteurs sont envahis par les marchands ambulants. Ils leur présentent des produits qu’ils tiennent en mains ; souvent de première nécessité tels que les sachets, sel de cuisine, allumettes, balais-tige et parfois même des citrons, oranges. L’âge de ces vendeurs varie entre 8 et 20ans et parfois plus. Les regards tristes poussent parfois le passager à acheter la marchandise sans comprendre trop pourquoi. L’un d’eux tend des sachets avec un français assez correct « madame tenez, achetez les sachets » interpellé il dit avoir quitté l’école en classe de 3ème. « C’est mon père qui m’a contraint d’arrêter les études quand j’étais en classe de 3ème pour subvenir aux besoins de la famille. » triste réalité. Face au carrefour une ruelle mène au cœur du marché castors. Elle est parsemée de boutiques et d’autres marchants ambulants sans oublier les vendeuses de poisson et les nettoyeuses. Les vendeuses interpellent les passagers avec tendresse « Sokhna si kay » ce qui signifie « madame vient ». Les éloges sur leurs produits ne sont pas en reste « kay djeunn bi nice »les expressions comme « madame, ma fille » échappent des bouches. Il est 11h, la circulation est à pas mesurés au risque d’heurter une cuvette remplie de persille, piment, ail installés à même le sol.
Les détaillants ont un peu de tout dans leurs boutiques. Des boîtes de conserve en passant par les pommes de terre et autres produits. Entre les boutiques il ya les routes qui mènent toutes à des boucheries. L’air est chaud à cause des moteurs des congélateurs et aussi des réchauds à gaz présents sur les lieux pour les restaurants. Les gigots de viande sont suspendus au dessus des étaux sur lesquels se trouvent des tas de viande qui, n’ont surement pas le même prix dû à la qualité. Les clients marchandent à tout bout de champ, les vendeurs de sachets stationnent près du client pour lui présenter un sachet, un geste qui tombe souvent à pic ! Le bruit des machettes et coupe-coupe qui se frottent raisonne aux oreilles. Des sons non-distincts se font entendre, mais impossible de déterminer la source. Moustapha dit être habitué à cette ambiance « ça fait presque 5ans que je suis ici. Au début ce n’était pas facile avec les odeurs, mais aujourd’hui ça ne me dit plus rien, je suis habitué ».
Lorsqu’on traverse la boucherie de façon horizontale il ya un piste qui mène tout droit au coin réservé uniquement aux vendeuses et nettoyeuses de poisson. L’air est différent de celle de la boucherie. Encore que là-bas les clients ou passagers marchent le plus souvent sur la pointe des pieds afin d’esquiver les flaques d’eaux sales de poisson. Parfois, les gestes incontrôlés des nettoyeuses qui versent des eaux usées, n’épargnent pas les passants. Chose qui cause souvent des disputes. Aussi, la présence des poissons sur les couvercles des seaux, ou sur des planches, ne facilites pas la circulation, ce qui pousse parfois les passants à allonger les pieds pour esquiver la marchandise. Toutefois, les vendeuses vantent la qualité de leurs poissons et les nettoyeuses ne sont pas en reste « grand nettoyé ! » il suffit d’un oui ou d’un non et l’affaire est conclue. Très souvent le nettoyage varie de 100 à 500 ; mais les étudiants paient bien confie l’une d’elles Ndeye « j’ai des enfants étrangers qui me donnent parfois 1000f ou 1500f pour nettoyer, ils paient bien et il ya des jours ou je le leur nettoie gratuitement » Après quelques tours, dans les étalages du marché pour s’approvisionner en légumes, fruits et autres assaisonnements, d’autres pensent à regagner leur domicile.
Il est 13h, le marché est peut-être fini pour les uns ; mais ne fait que commencer pour les autres !
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